Mumontheroad et bébé profitent du coucher de soleil sur le Mékong à My Tho

Le delta du Mékong (1ère partie)

Après un mois au Cambodge, nous débutons notre périple au  Vietnam par le delta du Mékong.  Pas de choc culturel à l’horizon. Dès nos premiers pas, nous retrouvons les échoppes de rue au rangement aléatoire, les marchandes de fruits assises sur le trottoir, les files infinies de scooters respectant un code de la route qui leur est propre.

Pour autant, je suis vite transportée par ces premières différences qui contribuent à l’identité du pays. A présent, les chapeaux coniques coiffent la plupart des femmes, le drapeau communiste flotte ça et là et l’économie a l’air plus florissante.

A gauche, Femme vietnamienne sur les routes de campagne
A droite, notre guide au marché flottant de Cai Rang, Can Tho

Qui dit nouveau pays dit aussi nouvelles us et coutumes. Ma Bébé est l’attraction de la plupart des femmes vietnamiennes dont nous croisons le chemin. Elles déboulent de partout, nous stoppent pour la dévisager, la toucher. Elles rient, la montrent du doigt et interpellent leurs voisins pour qu’ils viennent l’admirer. C’est déconcertant, parfois gênant, mais toujours le reflet d’une réelle bienveillance. De quoi nous faire oublier très vite les quelques pratiques douteuses de certains taxis roublards ou autres policiers qui toquent à notre porte en pleine nuit pour contrôler nos identités.

Le delta du Mékong…, ces mots résonnaient pour moi comme une sorte de mythe d’aventures à travers des cours d’eau escarpés, à la Indiana Jones. Je n’y étais pas tout à fait. Première révélation : il y a des métropoles de plusieurs centaines de milliers d’habitants dans le delta, très loin des petites bourgades ancestrales que j’avais pu imaginer. Deuxième constat : le delta du Mékong n’est pas un embranchement que l’on aperçoit du haut d’un pont quelque part comme on irait voir le Zouave du pont de l’Alma. Non…Ce sont des milliers de kilomètres de rivières et canaux découlant de ce fleuve puissant et qui s’étalent du Sud du Cambodge jusqu’à la mer. Bref, c’est tout le Sud-Ouest du pays !

Vue depuis le salon de l'hôtel Victoria, Chau Doc, VietnamVue sur le fleuve depuis le restaurant de l’hôtel Victoria, Chau Doc

Mais s’il y a une chose sur laquelle je ne m’étais pas trompée, c’est cette vie qui s’organise sur l’eau, de villages en villages, au rythme lent du fleuve. Ici, on vit sur l’eau, on fait du commerce sur l’eau, on transporte sur l’eau, on se nourrit par l’eau, on prend le bateau comme nous prenons nos voitures.  Curieux mélange de pratiques ancestrales et de modernité.

Deux bateliers finissent leur journée de travail sur les berges de l'Hôtel Victoria à Chau Doc, VietnamDeux pêcheurs finissent leur journée de travail, Chau Doc
Deux hommes transvasent leur cargaison de poisson sur le Mékong, Chau Doc, VietnamDeux hommes transvasent leur cargaison de poissons, Chau Doc

Nous faisons une première halte à Chau Doc. Cette ville de plus de 100 000 habitants voit passer de nombreux touristes qui transitent entre Phnom Penh et le delta. Mais plus qu’une ville étape, nous y prenons le temps de nous familiariser avec le Vietnam.

Bras du delta du Mékong traversant Chau Doc au VietnamBras du delta du Mékong traversant Chau Doc

C’est une nouvelle fois à vélo que nous traversons les campagnes, Bébé sur le dos. Entre deux villages, les rizières sont vertes désormais. Le Mont Sam au loin semble une direction toute tracée pour notre balade. Au pied de la montagne, les temples sont légions dans ce lieu de pèlerinage bouddhiste. Les influences chinoises sautent aux yeux.

Montagne Sam à quelques kilomètres de la ville de Chau DocMont Sam, Chau Doc
Temple chinois et ses éléphants au pied de la montagne Sam, Chau Doc, VietnamEncens d'un temple bouddhiste de la montagne Sam, Chau Doc, VietnamPagode Tay An au pied du Mont Sam, Chau Doc
Vieil homme préparant les batons d'encens dans un templs bouddhiste de la montagne Sam à Chau Doc, VietnamNonne préparant l’encens dans la pagode Ba Chua Xu au pied du Mont Sam, Chau Doc

Il faut dire que le mélange des cultures semble l’apanage des environs. En effet, de l’autre côté de l’eau, les mosquées des villages cham séquencent notre promenade.

Femme au chapeau conique se préparant à sortir du ferry après la traversée d'un bras du delta du Mékong à Can Tho, Vietnam Femme au chapeau conique sur un Ferry du delta du MékongFerry qui permet de rejoindre les villages cham, Chau Doc

À deux heures et demi de là, Can Tho est l’épicentre de la région, avec ses 700 000 habitants. Et, pour nous confronter à nouveau à la vie aquatique, nous nous rendons sur le fleuve vers 6h du matin. Là, c’est le spectacle du commerce sur l’eau qui se joue, celui de Cai Rang, le plus grand marché flottant de la région.

Deux hommes discutent depuis leur bateau sur le Marché flottant de Cai Rang, Can Tho, Vietnam Bateaux pleins de marchandise du marché flottant de Cai Rang, Can Tho, VietnamMarché flottant de Cai Rang, Can Tho, VietnamMarché flottant de Cai Rang, Can Tho

 Les gros bateaux vendent. Ils viennent de partout, chargés, et ne repartiront pas avant d’avoir vendu toute leur cargaison. Sur chacun d’eux, un pic se dresse, portant à son sommet le produit proposé. Les petites barques achètent. Entre eux, palabres et négociations se déroulent entrecoupées par les vagues. Mais, les routes alentours de plus en plus nombreuses annoncent progressivement la fin du marché flottant pourtant si pittoresque.

Transaction d'ananas sur le Marché flottant de Cai Rang, Can Tho, VietnamVente d’ananas  au marché flottant de Cai Rang, Can Tho
Femme au marché flottant de Cai Rang, Can Tho, VietnamAcheteuse  au marché flottant de Cai Rang, Can Tho

Ces premiers instants au Vietnam ne nous donnent pas envie de le quitter de suite. Je reste sur ma faim, je veux en voir, comprendre davantage la vie de ce delta renommé. L’aventure continuera donc à Ben Tre

Balade en bateau le long des canaux du delta du Mékong, Can Tho, VietnamPar les canaux, Can Tho


Mon Chau Doc pratique

 

Se rendre à Chau Doc depuis le Cambodge
• La plupart des voyageurs arrive à Chau Doc depuis Phnom Penh. Mais, lorsque nous avons réservé notre hôtel à Chau Doc, nous n’avions pas encore pris la décision d’aller à Kampot. Ainsi, depuis Kampot, nous avons passé la frontière à Ha Tien et poursuivi ensuite notre route durant deux heures jusqu’à Chau Doc.
• Il est possible de faire le trajet Kampot – Ha Tien / Chau Doc en bus avec la compagnie Kampot Tours and Travel. Nous avons préféré prendre un taxi pour pouvoir partir plus tôt de notre hôtel de Kampot et suivre ainsi le rythme de Bébé. Mais sinon, la prestation de Kampot Tours and Travel a bonne presse.

Notre logement à Chau Doc
• Suivant les conseils du Lonely et de TripAdvisor, nous avons passé 4 nuits au Murray Guesthouse et ce fut un très bon choix.
• Les plus : la chambre et la salle de bains sont propres et spacieuses ;  l’hôtel est tenu par un couple de propriétaires qui vivent sur place et sont de bons conseils ; les vélos (VTT) sont prêtés gratuitement à toute heure de la journée.
• Les moins : le wifi ne captait pas vraiment dans notre chambre ; l’hôtel est un peu excentré si vous souhaitez être proches du marché et du parc ; le prix  est un peu plus élevé que dans d’autres guesthouses.

Quoi faire à Chau Doc
Se rendre au Mont Sam à vélo en empruntant les chemins de campagne.
Prendre un ferry pour se balader dans les villages cham.
• Aller boire un verre sur la terrasse du très chic hôtel Victoria et profiter de la vue imprenable.

Un restaurant à Chau Doc
• Le Mékong, juste en face du majestueux hôtel Victoria, sert, au fond d’une petite cour, des plats vietnamiens succulents aux prix dérisoires. Attention, il n’ouvre que le soir.

Visiter Chau Doc avec un bébé
• Une fois n’est pas coutume, rien de plus facile ! Cela présage de bons augures concernant le Vietnam. Sur la grande rue Le Loi, presque en face du parc central, se dresse un supermarché des plus occidentalisés nommé Coop Mart. Vous y trouverez de l’eau minérale, des couches, des lingettes, du lait en poudre. Il y a également une grande étale de fruits. Mais je vous recommande d’aller jusqu’au marché local pour une expérience plus authentique.
• La chaleur reste par contre un point de vigilance, tout comme les moustiques qu’on revoit par ci par là.

 


Mon Can Tho pratique

 

Se rendre à Can Tho depuis Chau Doc
• Notre hôtel nous a réservé notre bus de la compagnie Phuong Trang (Futa) que je recommande chaudement. Un mini-van est venu nous chercher 30 minutes avant le départ et nous a déposé à la station de bus à 5 minutes de là. Le bus et le trajet étaient très confortables. C’est bien la première fois que j’ai le wifi dans un bus ! • Et pour couronner cette prestation, un mini-van de la compagnie nous a déposé gratuitement à notre hôtel à l’arrivée.

Notre logement à Can Tho
• Nous avons séjourné deux nuits chez Mme Ha qui tient la guesthouse Thanh Ha.
• Les plus : un accueil très chaleureux ; une chambre propre  ; une situation géographique parfaite pour aller visiter le marché flottant ; la qualité de l’excursion proposée par la guesthouse (c’est l’oncle de Mme Ha qui fait la visite !).
• Les moins : le coût du tour (version courte 35 dollars, version longue 50 dollars par barque) ;  la chambre n’est pas très grande et la couette bien trop courte. Mais ce sont des petits détails desquels on peut facilement s’accommoder pour deux nuits !

Quoi faire à Can Tho
Visiter le marché flottant de Cai Rang tôt le matin.
• Aller marcher le long du fleuve jusqu’à la statue d’Ho Chi Minh en fin de journée et revenir de votre promenade par le marché de nuit. 

Visiter Can Tho avec un bébé
• À proximité de chez Mme Ha, se trouve un grand centre commercial qui abrite un supermarché Coop Mart. De quoi trouver couches, laits en poudre, lingettes, eau et fruits si besoin.
• Vous trouverez également tout cela dans des petites échoppes de rue sur le chemin, si vous préférez un contact plus local.

3 comments

  1. Merci, merci, merci pour tes magnifiques commentaires c’est tellement bien écrit qu’on a l’impression d’y être. Mais quelle pagaille sur ce delta lolll est ce que il y a un code le la route? heuuu……du fleuve? quel enchevêtrement de bateaux, c’est impressionnant.
    Et papy Novel qui ne pense qu’au…Pastis tsé tsé tsé!!!
    J’adore aussi le chapeau de ces dames 😀 et les photos fabuleuses de Moitié.
    Gros gros bisous à tous les 3, et attendons avec impatience la suite……

  2. Encore des photos merveilleuses et un récit captivant… on s’y croirait…. Merci de partager ces moments, il ne manque que la chaleur et les odeurs…..
    Que d’eau… et le pastis dans tout cela ???
    Gros bisous à vous trois et vivement demain pour Idiana Jones #6

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