Femme naviguant à la rame sur le tonlé sap dans les villages flottants du Cambodge

Kompong Chhnang, le coup de coeur inattendu

Moi qui croyais arriver dans un petit village sur pilotis, isolé de toute civilisation. Encore une fois, j’avais très mal lu mon guide (Lonely Planet, pour ne pas le citer ) ! 45 mille habitants, pas d’eau à l’horizon qui pourrait justifier des pilotis, ça promet…Et pourtant, nous ne serons pas déçus ! A l’origine, nous ne devions pas nous arrêter à Kompong Chhnang. Mais à 3 heures de Battambang et 2h30 de Phnom Penh, c’était parfait pour couper le trajet. Or, Kompong Chhnang c’est bien plus qu’une étape entre deux grandes villes. C’est cette bourgade au nom imprononçable dans laquelle on n’aurait jamais cru venir et dont on a du mal à repartir. Kompong Chhnang, c’est un petit condensé de Cambodge, qui vous rappelle pourquoi vous voyagez !

Cuisinières d'un restaurant khmer à Kompong ChhnangLes cuisinières du restaurant Vann Sokleap

Sur les rives du lac Tonlé Sap, Kompong Chhnang abrite deux villages flottants encore préservés : Phoum Kandal, vietnamien et Chong Nos, khmer. Il est 7h15, le soleil se lève doucement, nous montons dans une barque conduite par une femme, et remontons le port, en contrebas. Les maisons au demeurant normales depuis la rue dévoilent d’ici leurs jambes sur pilotis. Le moteur ronronne et les maisons défilent. Il y a une autre vie derrière la façade de la rue, celles des pêcheurs, des enfants qui se préparent pour aller à l’école, de ceux qui laissent couler le temps. C’est déjà un spectacle en soi et pourtant nous ne sommes pas arrivés aux villages.

Scène de vie près du port de Komponh Chhnang sur le Tonlé Sap au CambodgeLes rives du lac Tonlé Sap Maison sur pilotis sur les rives du Tonlé Sap à Kompong Chhnang au CambodgeMaison perchée sur pilotis sur la rive du lac Tonlé Sap

Pas plus de 10 minutes seront nécessaires ensuite. Le moteur s’arrête, la femme rame désormais lentement. Notre barque serpente de maisons en maisons. Celles-ci flottent sur leurs bidons sans âge. C’est un autre monde. Celui d’une vie qui s’organise sur l’eau.

Barque évoluant dans les villages flottants du Tonlé Sap à Kompong Chhnang au CambodgeMaison d'un village flottant du tonlé Sap au Cambodge Femme vietnamienne écopant son embarcation dans un Village flottant du tonlé Sap à Kompong Chhnang au CambodgeAu village flottant Phoum Kandal

Et pourtant tous les codes sont là : des rues, des commerces, des chiens, des jardins, un troquet. Les couleurs sont vives et embellies par la lumière du matin. Les gens sont à portée de main, en train de cuisiner, laver, travailler.

Jeunes filles découpant le poisson dans un Village flottant du tonlé Sap à Kompong Chhnang au Cambodgea Jeune fille observant les passant dans un village flottant du Tonlé Sap à Kompong Chhnang au Cambodge Scène familiale dans une maison d'un village flottant du Tonlé Sap au Cambodge Femme surprise par la présence d'un bébé sur une barque dans un village flottant du Tonlé Sap près de Kompong Chhnang au CambodgeScènes de vie au village flottant de Phoum Kandal

Leur vie se déroule sous nos yeux. Pas de touristes à l’horizon. Il est sûrement trop tôt. Serions-nous presque de trop ?

Bébé essaie les chapeaux vietnamiens des habitants des villages flottants du Tonlé Sap à Kompong Chhnang au CambodgeBébé adore le bateau !

Je repars avec cette impression que Kompong Chhnang m’a livré ses plus belles surprises. Et là encore, j’avais tort. Nous suivons désormais notre chauffeur de tuk-tuk à Ondong Rossey, petit village de potiers à 7km de là. Dans la région, il n’y a que dans ce village qu’on est potier de père en fils. Tout simplement car c’est ici que l’on trouve la terre glaise. Les techniques sont variées : du tour à pied pour les pièces les plus fines à la simple spatule de bois pour les plus sommaires. Mais la vraie poterie qui donne son nom à Kompong Chhnang, c’est ce pot de terre cuite tout simple, sans fioriture et qui sert à tout ! Sa fabrication est encore l’apanage des plus anciens. Là où, la nouvelle génération préfère désormais sculpter des motifs plus élaborés, qui se vendent mieux alentours.

Des « chhnang »Femme cambodgienne en train de fabriquer un « chhnang »

L’authenticité de ces fabriques et de ces maisons m’interpelle. Ce ne sont pas de ces endroits bâtis de toute pièce pour quelques touristes en manque d’exotisme. Nous sommes là au cœur du commerce local.

Fabrique de foyers à feu à Ondong Rossey

Et si nous n’étions pas déjà séduits par Kompong Chhnang, une balade à vélo sur les chemins rougeâtres aurait très certainement fini de nous convaincre.

Maison khmère traditionnelle sur pilotis dans les environs de Kompong Chhnang au CambodgeMaison typique de la campagne cambodgienneJeune moine bouddhiste dans la campagne de Kompong Chhnang au CambodgeSur les chemins de campagne

Maisons sur pilotis de tous les standing, rizières mais aussi palmiers à sucre, voilà l’environnement bucolique de cette campagne au charme indéniable. Et même si les champs sont jaunis par la sécheresse de la saison, le paysage n’en est pas moins pittoresque et justifiait à lui seul cette étape improvisée à Kompong Chhnang.

Regardez dans le rétroviseur…


Mon Kompong Chhnang pratique

 

Se rendre à Kompong Chhnang depuis Battambang
 Nous avons pris un mini-van VIP de la compagnie Virak Buntham.
 La réservation a été gérée par l’intermédiaire de notre hôtel.
• Comptez 3 heures de trajet dans une camionnette très confortable et bien climatisée.

Notre logement à Kompong Chhnang
 J’ai fait confiance au Lonely Planet et à Tripadvisor en réservant 3 nuits au Garden Guesthouse.
 Sans aucun regret ! Petit havre de paix, dont le jardin apaise à peine arrivé.
 Les plus : le jardin et ses nattes de détente très agréables, le service et l’amabilité du personnel ainsi que le petit-déjeuner.
 Les moins : la chambre est défraichie, particulièrement la salle de bains. Mais, pour le prix (15 dollars la nuit), la prestation reste
raisonnable.

Les visites à ne pas manquer à Kompong Chhnang
 La visite des villages flottants de Phoum Kandal et Chong Nos, en tout début de matinée, quand la ville se réveille. Nous avions pris un tuk-tuk pour nous rendre au port. Le trajet se fait également aisément à vélo depuis le centre-ville (15 minutes environ). Une fois au port, le prix de la location de la barque est fonction de la durée de l’excursion (comptez 15 dollars de l’heure).
 La découverte d’Ondong Rossey, le village de potiers. L’atelier de fabrication artisanale de foyers à feu mérite le coup d’oeil.
 Une balade à vélo dans la campagne alentours. Je recommande les petits sentiers en direction d’Ondong Rossey ainsi que les petits chemins parallèles à la grande route qui mène au port.

Un restaurant à Kompong Chhnang
Loin des standards occidentaux, le Vann Sokleap est un restaurant tout ce qu’il y a de plus local. Toute la famille s’affère aux fourneaux pour mitonner de bons petits plats khmers. Ne soyez pas trop regardants sur les serviettes qui traînent par terre ou les chats qui quémandent à manger à chaque table. A deux pas de la Garden Guesthouse, cuisine typique garantie pour quelques riels seulement !

Se rendre à Phnom Penh depuis Kompong Chhnang
 Il est possible de rejoindre Phnom Penh en bus. Ceux-ci viennent de Battambang et partent donc de Kompong Chnnang à 10h.
• Souhaitant partir plus tôt, l’hôtel nous a conseillé un mini-van et a assuré la réservation de nos billets.
• Un tuk-tuk vient nous chercher à la guesthouse, à l’heure, pour nous conduire au mini-van.
• La déconvenue viendra ensuite lorsque nous montons à bord d’un mini-van hors d’âge dans lequel on nous entasse les uns sur les autres. C’est parti pour 2h30 de route !
• Avec le recul, nous sommes convaincus que le chauffeur de tuk tuk ne nous a pas conduit au mini-van réservé par l’hôtel mais à un mini-van moins cher, empochant la différence au passage. Conseil : prenez un bus !


Visiter Kompong Chnnang avec un bébé 
• A Kompong Chnnang, pas de supermarché. Mais, l’eau minérale (marque Kulen) et les fruits sont faciles à trouver.
 Pour les couches et le lait, j’avais anticipé pour ne pas avoir besoin de m’approvisionner sur place. Mais, des échoppes près du port ou la supérette de la station-essence sont suffisamment achalandés pour dépanner.
 Petit bonus : deux boulangeries offrent du pain encore chaud tous les matins.

9 comments

  1. Bonjour vous trois,
    Quelle belle expédition ! Vos photos et commentaires sont magiques et tellement époustouflants.
    Amazing !!
    Nous savourons chaque semaine votre aventure.
    Gros gros bisous,
    et bonne continuation à l’autre bout du monde.
    La petite famille Heisch 🙂

  2. Une halte bien sympathique ! Cet article nous donne envie d’y être… je me souviens avoir vu un reportage sur des villages entiers de maisons sur pilotis et votre article me rafraîchit la mémoire…ces enfants partant à l’école en barque et les pêcheurs… j’adore la photo du chemin de campagne c’est paisible. À bientôt bisous.

    1. Merci Chris ! C’est une vie sur l’eau assez incroyable en effet. On trouve beaucoup de maisons sur pilotis, au bord du lac ou plus loin dans la campagne. Cela leur permet de faire face lors de la saison des pluies. À bientôt !

  3. J’ai eu la même réflexion que Papy Novel…comment tiennent ces maisons sur Pilotis on dirait des constructions en allumettes 😀 Nous qui sommes habitués à confort plus que confortable on a du mal à s’imaginer que des personnes vivent aussi sommairement mais elles doivent être très heureuses… elles ont toujours le sourire.
    Question? vous arrivez à vous faire comprendre comment? Est ce beaucoup de personnes parlent encore français?
    Gros bisous à tous les trois…et comme toujours le photographe était encore au top!

    1. Merci Marie Rose ! Les maisons sont pour certaines assez précaires, d’autres construites en dur, cela dépend du niveau de vie des familles. Pour les échanges, nous parlons majoritairement en anglais, mais peu de gens, en dehors du secteur du tourisme le comprennent. Donc, on montre, on mime, on improvise ! Bises à vous !

  4. Là, on s’y croit vraiment. C’est comme cela que j’imaginais le Cambodge… toujours de superbes photos… j’adore les maisons sur pilotis, on se demande comment ça tient….
    Je vous fais de gros bisous…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *