Jeunes moines bouddhistes acceptant d'être pris en portrait dans un temple de Battambang au Cambodge

Battambang, campagne khmère et charme colonial

Entre Phnom Penh et Siem Reap, Battambang fait partie de ces villes que l’on appréhende peu à peu. Au premier abord, je suis mal à l’aise : qu’est ce qui m’a pris d’emmener ma Bébé dans un coin perdu comme celui-là ? Suis-je inconsciente ? Le Lonely Planet disait charme colonial ?… Il faut dire qu’on est dimanche, que les rues sont mornes et l’hôtel décevant. Pour me rassurer, Moitié repère une échoppe qui vend lait en poudre, couches et compotes. « Regarde, il y a même un magasin de puériculture ! ». N’exagérons rien…

Dès le lendemain, je tente de me ressaisir et mets du cœur à l’ouvrage : je serai le guide de notre famille à travers les ruelles bien plus animées d’une ville qui se réveille. Au fur et à mesure de la visite, je comprends et découvre : les bâtiments coloniaux du début du XXe siècle sur le bord du fleuve Sangker, les influences chinoises à travers les temples ou les écoles, les ravages des Khmers rouges dans le cinéma de la ville, le marché central et ses commerces en tous genres. Le soleil est de la partie, je commence à me sentir bien.

Ensemble des batîments coloniaux typiques de Battambang au CambodgeRue de Battambang
Ancienne école à l'abandon dans les rues de Battambang au Cambodge - MumontheroadBâtiment désormais privatisé, ayant anciennement accueilli une école chinoise puis un orphelinat.

Nous croisons peu de touristes ici. Ceux de notre hôtel ne restent qu’un ou deux jours. Battambang fait partie de ces villes que les touristes consomment à grand coup de tours tout-compris, à la journée, mêlant balade dans la campagne environnante et visites des quelques lieux notables aujourd’hui dénaturés, comme le bambou train. Nous faisons le choix de limiter nos dépenses et de privilégier l’authentique.

Livre bouddhiste abandonné dans un temple de Battambang au CambodgeLivre de prière, Wat Vat Kor

Équipés de vélo désaxés, nous pédalons à travers les villages alentours. Je n’en reviens toujours pas que l’on ait osé affronter la circulation chaotique du Cambodge. Bébé est bien harnachée en porte-bébé sur le dos. Le siège bébé que nous avions cherché à travers toute la ville, suscitant d’ailleurs de gentilles moqueries des locaux n’en comprenant pas l’utilité, ne nous servira finalement pas. Vers le Nord de la ville, nous longeons des villages musulmans où mosquées et wat (temples bouddhistes) semblent faire bon ménage.

Porte-bébé au repos lors d'une balade à vélo à Battambang au Cambodge

À 2 km au Sud, nous découvrons le village Vat Kor et ses maisons typiques. S’étendant le long de la rivière, il compte nombre de maisons typiques dont deux sont ouvertes au public : Burn Roenrg (datant de 1920) et Khor Sang (1907). Nous visitons la première, tenue aujourd’hui par le neveu de la propriétaire.

Maison khmère traditionnelle du Sud de Battambang au CambodgeMaison typique Khor Sang

Malgré un discours très politisé, c’est l’occasion de découvrir l’architecture khmère, mais aussi les vestiges d’un passé douloureux. La propriétaire a perdu toute sa famille durant le génocide, les Khmers rouges ont également réquisitionné son foyer durant plusieurs mois. Le parquet usé est aujourd’hui encore témoin de leur passage.
Cuisine d'une maison khmère traditionnelle au Sud de Battambang au Cambodge Pièce principale d'un maison khmère traditionnelle au Sud de Battambang au CambodgeIntérieur de la maison Burn Roenrg

De plus en plus, je réalise la blessure de ce pays. Blessure si récente qu’elle semble encore un peu taboue. Nous ferons le choix personnel de ne pas nous rendre aux différents musées ou mémoriaux. En effet, nous ne souhaitons pas exposer Bébé à des images choquantes ou des amoncellements de crânes ou ossements de victimes, malgré notre profonde conscience du devoir de mémoire que tout un chacun doit à ce pays.

Fillette khmère à vélo dans les quartiers populaires de Battambang au CambodgePetite fille du quartier populaire, près de la gare

Battambang vaut plus qu’un marathon consumériste. C’est une ville qui appelle à prendre son temps. S’attarder dans le Wat Phiphétaram et y faire la connaissance de Seang Sokha, jeune moine connecté. Visiter l’ancienne gare coloniale et découvrir de l’autre côté de la voie ferrée un quartier populaire plein de vie. Donc oui, je n’ai pas fait le bambou train, je n’ai pas visité le Wat Ek Phnom ou bien même Phnom Banan. Mais j’ai beaucoup appris de Battambang.

 


Mon Battambang pratique…

 

Se rendre à Battambang depuis Siem Reap 
Nous avons pris un bus de la compagnie Mékong Express.
 Départ à 8h devant les bureaux de Mékong Express.
 3 heures de trajet plutôt agréables et sans encombre !

Notre logement à Battambang
• Nous avons passé 5 nuits au Royal Hotel.
• Les plus : la chambre est spacieuse, avec un mobilier khmer typique, la climatisation et l’eau chaude. L’hôtel dispose d’un restaurant et d’un jacuzzi sur la terrasse de toit, pratique pour s’y détendre et faire gambader bébé.
• Les moins : le service ! Le restaurant est lent à servir, voire très lent et pas toujours très bon. Côté chambres, nous avons retrouvé la nôtre ouverte après le ménage.


Les 
visites à ne pas manquer à Battambang  
• La balade à pied dans le secteur Nord de la ville telle que proposée par www.ka-tours.org. Ne vous fiez pas au circuit Sud, la carte est beaucoup plus aléatoire.
• La découverte du quartier populaire derrière la gare ferroviaire coloniale.
• La promenade à vélo en direction du village Vat Kor.

Un restaurant à Battambang 
Le White House Restaurant sur la Street 2 : local, pas cher, en plein centre et plutôt bon !

Se rendre à Phnom Penh ou Kompong Chhnang depuis Battambang
• L’hôtel nous a réservé un mini-van VIP via la compagnie Virak Buntham
• Malgré tout ce que j’avais pu lire sur les mini-van, le chauffeur a été très prudent et le trajet confortable, VIP oblige !


Visiter Battambang avec un bébé 

• Bébé n’a manqué de rien à Battambang. On trouve ça et là de nombreux produits français, du fait de l’héritage colonial. Ainsi Guigoz, Nestlé, Physiolac, Blédina, Pom’potes et j’en passe, sont des marques que l’on peut apercevoir dans quelques magasins. Pas partout, pas tout le temps mais on en trouve. Les tarifs explosent, sans surprise, par rapport aux produits locaux similaires.
• En face du Psar Nath, un peu avant le Senghout Hostel, il y a une échoppe assez grande qui propose de nombreux laits en poudre, des couches de toutes les tailles, de l’eau minérale mais aussi quelques compotes Babybio et des lingettes. Ne cherchez pas un supermarché, mais un magasin tout ce qu’il y a de plus local !
Pour les fruits, vous trouverez votre bonheur juste en face, au marché directement !
• Mon joker ? La boulangerie qui se situe à quelques blocs plus au Nord sur la Street 3, devanture jaune !
• Et enfin, si vous voulez vous équiper en trotteur ou autre jouet en plastique, Battambang fourmille d’échoppes « spécialisées ». C’est également l’opportunité de remplacer une tétine de biberon cassée ou de racheter un goupillon. Vous trouverez un choix suffisant, je ne garantis cependant pas le « sans BPA »…

 

9 comments

  1. Bonjour,
    Cette fois, je me suis laissée envoûter par le charme discret des photos en noir et blanc. Je trouve qu’elles font ressortir une force dans le contraste qui sait rendre une vie même aux objets inanimés. Merci pour ce plaisir!!
    Bonne route pour la suite et gros bisous Marraine

  2. Toujours autant de plaisir à vous suivre. Vous écrivez très bien et les photos nous permettent de voyager à vos côtés. J’ai bcp aimé particulièrement les photos de la maison typique Khor Sang ! Bonne route… bises

  3. Nouveau de formât de post : Check et validé. Superbes photos, texte clair et qui donne envie…. ne changez rien.
    Bonne préparation pour la suite.
    On vous aime….

  4. Magnifiques photos, on replonge quelques années en arrières…ça ressemble beaucoup au Vietnam que nous avons adoré. Les gens en Asie sont si gentils et serviables. Très beau récit, on s’y croirait 😉
    Bonne continuation à vous trois et de gros bisous de la Belgique

    1. Merci Yvonne ! Je suis heureuse que ça vous rappelle de bons souvenirs. Pour le Vietnam, nous passons la frontière dans quelques jours, l’occasion de se familiariser avec un nouveau pays ! Je ne manquerai pas de partager ces nouvelles expériences sur le blog…

  5. Bonjour tous les trois 😀
    Comme toujours encore un récit captivant, j’adoreeee et les photos sont si belles et captivantes qu’on a l’impression d’y être avec vous. Ce peuple est vrai a du connaitre des atrocités avec les Kmers. Merci pour ce beau reportage et bonne route pour…la suite. On vous embrasse bien fort.

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